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saison 2010-2011 
Spectacles
Lectures
Festival des pratiques amateurs


L'illusion comique




de Pierre Corneille
mise en scène Elisabeth Chailloux

Comment résumer l’intrigue de cet étrange monstre ? Dans le prologue un père désespéré à la recherche de son fils disparu consulte un magicien pour retrouver le fugueur. Le mage fait apparaître au père stupéfait l’image de son fils Clindor, devenu serviteur de Matamore, guerrier extravagant et amoureux d’Isabelle. Clindor aime Isabelle mais il fait aussi la cour à Lyse, sa suivante. Isabelle aime Clindor, mais son père veut lui faire épouser Adraste.

Tromperies, trahisons, délire de Matamore, guet-apens, rixe. Adraste est tué, Clindor emprisonné et condamné à mort. Lyse séduit le geôlier. Evasion, fuite : « beaucoup les poursuivront mais sans trouver leurs traces ». Le père respire, son fils est sauvé. Le mage lui montre la dernière aventure de Clindor : le voici marié à Isabelle et favori du prince Florilame dont il courtise la femme. Il se fait poignarder par les sbires du mari. Désespoir du père mais… «Le traître et le trahi, le mort et le vivant se trouvent à la fin amis comme devant». Clindor, dans ses tribulations s’est fait acteur. Le père vient d’assister à une pièce de théâtre.

« Voici un étrange monstre que je vous dédie. Le premier acte n’est qu’un prologue, les trois suivants une comédie imparfaite, le dernier est une tragédie, et tout cela cousu ensemble fait une comédie. Qu’on en nomme l’invention bizarre et extravagante tant qu’on voudra, elle est nouvelle. »
Pierre Corneille


jeudi 14 et vendredi 15 octobre à 20h30
durée estimée : 2h
âge conseillé : tout public
prix des places : de 7 à 20 euros



L'illusion comique

de Corneille
mise en scène Elisabeth Chailloux
scénographie et lumières Yves Collet
costumes Agostino Cavalca
assisté de Dominique Rocher et Isabelle Gontard
images de scène Michaël Dusautoy et Yves Collet
son Anita Praz
masques et maquillages Nathalie Casaert
assistante scénographie Perrine Leclere-Bailly
assistant lumières Nicolas Batz
diffusion Estelle Delorme

avec
Raphaèle Bouchard
Frédéric Cherboeuf
Etienne Coquereau
Jean-Charles Delaume
Malik Faraoun
François Lequesne
Adrien Michaux
Lara Suyeux

production Théâtre des Quartiers d'Ivry



Corneille et L'illusion comique
"L’Illusion comique", pièce de théâtre en cinq actes, écrite par Pierre Corneille en 1635, est représentée pour la première fois au Théâtre du Marais en 1636. Lorsque Corneille écrit cette pièce, il a 29 ans et a déjà écrit sept autres pièces de théâtre dont des tragédies et des comédies.
"L’Illusion comique" marque un tournant dans la carrière littéraire de son auteur ; en effet après l’avoir écrite Corneille n’écrira plus que des tragédies (excepté "Le Menteur", 1643). Cette pièce peut alors apparaître comme l’aboutissement d’un apprentissage dans lequel l’auteur laisse éclater sa virtuosité littéraire. S’il n’est pas déplacé de parler de virtuosité, c’est que Corneille condense dans cette pièce tous les genres théâtraux : “ L’Illusion comique sur ce point, n’a aucun mal à passer pour une pièce résolument baroque. Elle offre même une sorte de régularité par l’absurde. Sur le plan théorique, voici en effet une intrigue qui respecte au plus près l’unité de lieu - la grotte d’un magicien -, l’unité de temps - les quelques heures de la visite que Pridamant fait à Alcandre -, et l’unité d’action - l’inquiétude d’un père pour son fils disparu qui se transforme, une fois celui-ci retrouvé, en satisfaction finale. Et de l’étroitesse d’une grotte-scène, d’une durée-représentation, d’une action-cadre, naît un spectacle foisonnant, incontrôlable, inattendu, dont la seule légitimité est le plaisir qu’on y prend : les étonnements, les surprises, les angoisses, les frayeurs, puis le soulagement final et l’euphorie de Pridamant traduisent tous les degrés de sentiments par lesquels passent les spectateurs conviés à la représentation" écrit Jean Serroy dans la préface de l’Illusion comique (éditions Gallimard)


Elisabeth Chailloux
En 1984, elle crée avec Adel Hakim le Théâtre de la Balance. En 1992, elle est nommée avec Adel Hakim à la direction du Théâtre des Quartiers d’Ivry et de l’Atelier Théâtral d’Ivry.
En janvier 2003, le Théâtre des Quartiers d’Ivry devient Centre dramatique national en préfiguration pour Ivry et le Val-de-Marne.
Mises en scène en collaboration avec Adel Hakim
"La surprise de l’amour" de Marivaux création au Théâtre des Quartiers d’Ivry, 1984
"Le paradis sur terre" de Tennessee Williams Théâtre de l’Aquarium puis reprise au Festival d’Avignon et au Théâtre des Quartiers d’Ivry
"Alexandre le Grand" de Racine création au Théâtre de la Tempête, 1987
Mises en scène
"Les fruits d’or" de Nathalie Sarraute création au Théâtre Paris-Villette, 1991
"Par les villages" de Peter Handke création au Théâtre des Quartiers d’Ivry, 1992
"Pour un oui ou pour un non" de Nathalie Sarraute Théâtre des Quartiers d’Ivry, 1993, tournée en Hongrie, Canada et aux Etats-Unis
"La Ménagerie de Verre" de Tennessee Williams création au Théâtre des Quartiers d’Ivry, 1994, tournée en France
"L’Ile des Esclaves" de Marivaux création au Théâtre des Quartiers d’Ivry, 1994, reprise en octobre 1996 et tournée en France
"Quai Ouest" de Bernard-Marie Koltès création et reprise au Théâtre des Quartiers d’Ivry, 1997
"Une lune pour les déshérités" d’Eugene O’Neill création au Théâtre des Quartiers d’Ivry, 1998 et tournée en France
"La vie est un songe" de Pedro Calderon de la Barca création et reprise au Théâtre des Quartiers d’Ivry, 2001
"Inventaires" de Philippe Minyana création au festival de Pau, 2001 et reprise en mars 2002 à Ivry
"Sallinger" de Bernard-Marie Koltès création au Théâtre des Quartiers d’Ivry, novembre 2003
"La Fausse suivante" de Marivaux création au Théâtre des Quartiers d’Ivry, 2005, reprise en janvier 2007 et tournée en France
"Hilda" de Marie NDiaye dans le cadre d’un triptyque créé au Studio Casanova en mars 2008



Corneille disait de sa pièce qu'elle était un « étrange monstre ». Elle mêle plusieurs registres, unique dans la littérature dramatique classique. Elle passionne les metteurs en scène et nul n'a oublié le spectacle éblouissant de Giorgio Strehler. Elle intéresse les universitaires et, cette année, elle figure au programme du bac !
Que les lycéens se précipitent ! Ce spectacle délié et vif, profond, drôle et émouvant est idéal pour tout comprendre de cette comédie qui voit un père, à la recherche de son fils, aller demander le secours d'un mage. Cet homme sage lui dévoile les images de la vie de son enfant... Mais où est le « vrai », où est le « faux ». Pierre Corneille, au sommet de son art - il écrit Le Cid en même temps ! - se délecte des jeux du théâtre dans le théâtre.
Élisabeth Chailloux, qui signe la mise en scène, est une artiste sensible, intelligente. Elle sait rendre le théâtre accessible sans rien lui faire perdre de son mystère. Dans le lieu qu'elle dirige depuis dix-sept ans avec Adel Akim - bientôt ils s'installeront à la Manufacture des Œillets - et entourée d'une équipe artistique d'excellence, elle fait lever les orages désirés, les sombres charmes. Un plateau de bois, des quinquets et au fond un ciel nocturne : nous pénétrons avec Pridamant (François Lequesne, douloureux et bon) dans la grotte d'Alcandre (Malik Faraoun, aristocratique)... Bientôt nous découvrons Clindor, le fils prodigue (Frédéric Cherboeuf, sensible et fin), Matamore (Jean-Charles Delaume, survolté, formidable). Dans plusieurs apparitions, dont Géronte et le geôlier (Étienne Coquereau, très juste) et dans un étonnant parcours qui va de Dorante jusqu'à Rosine travestie (Adrien Michaux, mobile à souhait). Dans les rôles d'Isabelle (remarquable Raphaëlle Bouchard) et de Lyse (délicieuse Lara Suyeux), les jeunes filles imposent leurs lois charmantes. Un régal !
Le Figaro
 
 
Elle est ardue, cette pièce de Corneille, composée jeune et pourtant témoignage d'une extrême maîtrise et virtuosité. Virtuosité dans le style, dans la construction, perfection du rythme. Conduit chez un magicien dans l'espoir de retrouver la trace de son fils perdu dix ans auparavant, un père se trouve convié à une singulière représentation. Où est l'illusion ? Dans le théâtre. Dans l'amour. Dans la vie. Qualifiée d'étrange monstre par son auteur même, l'oeuvre mêle farce et comédie, tragédie et commedia dell'arte, et rend un vibrant hommage au théâtre. Elle fut souvent montée, et souvent mal. Élisabeth Chailloux nous réconcilie avec elle, après quelques flambants ratages. Son Illusion éblouit. Dans un subtil jeu de voiles, d'ombres et de lumières, la mise en scène, intelligente et fine, vive et fougueuse, s'appuie sur des acteurs parfaits, et à l'unisson. Ah ! les morceaux de bravoure de Jean-Charles Delaume, Matamore, pendant le récit de ses exploits imaginaires. La grâce bondissante de Raphaëlle Bouchard en Isabelle, l'ardeur complexe de Frédéric Cherboeuf en Clindor, la finesse de Malik Faraoun en Alcandre ou la malice inventive de Lara Suyeux en Lyse... "Et ceux dont nous voyons la sagesse profonde par ses illustres soins conserver tout le monde trouvent dans les douceurs d'un spectacle si beau de quoi se délasser d'un si pesant fardeau." Ainsi parle Corneille, ainsi parle Alcandre. On ne saurait mieux dire.
Le Point


Bellamy

Bellamy

spectacleL'illusion comique
représentationsjeudi 14 octobre à 20h30
vendredi 15 octobre à 20h30
durée estimée2h
âge conseillétout public
prix des placestarif abonné adulte : 13 euros
tarif abonné jeune public : 7 euros
tarif normal : 20 euros
tarif moins de 26 ans : 9 euros
tarif plus de 60 ans : 17 euros
tarif demandeurs d’emploi : 15 euros
tarif groupe : 15 euros
réservationsau 01 48 72 94 94, du mardi au samedi de 14h à 19h
à l’accueil du théâtre, du mardi au samedi de 14h à 19h
par correspondance




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