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Dom Juan
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de Molière mise en scène Marc Sussi
L’envie de monter cette pièce, maintenant, est venue d’une nécessité, celle de raconter l’histoire d’un homme qui rêve de vivre sans avoir de compte à rendre à la mort. Dom Juan refuse la grammaire. Il refuse de découper le temps en passé, présent, futur. Il pose le temps du « désir », le temps de l’éternel présent, comme principe absolu de son mode de vie. Il a le courage de son désir, le courage de transgresser et de dénoncer les règles morales édictées, au nom d’une vie après la mort, par un pouvoir religieux hypocrite. Sa leçon est toujours bonne à entendre, à l’heure où nous vivons un « retour du religieux ».
Cette apologie du désir, qui n’est pas sans faire écho à l’apologie contemporaine de la consommation (Molière avait de l’avance !), peut cependant facilement se renverser. C’est toute la beauté de la pièce. Dom Juan, en l’absence d’alternative politique, se condamne à fantasmer sa propre mort avec un commandeur qui n’est au fond que son propre miroir.
On a souvent dit que la pièce était mal construite, hybride, mais c’est ce patchwork de formes qui en fait sa modernité. Un assemblage d’éléments contraires où le tragique se mêle à la comédie. Molière, bien avant les surréalistes, invente une nouvelle forme de théâtre : le collage. Marc Sussi
mardi 14 et mercredi 15 décembre à 20h30 durée estimée : 2h15 âge conseillé : tout public prix des places : de 7 à 20 euros
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Dom Juan
de Molière mise en scène Marc Sussi assistante à la mise en scène Emma Morin scénographie Damien Schahmaneche lumières Laurent Bénard costumes Isabelle Deffin assistée de Karelle Durand
avec Joris Avodo, Frédéric Baron, Philippe Bérodot, Simon Eine Sociétaire honoraire de la Comédie-Française, Jonathan Manzambi, Lyn Thibault
production Scène nationale de Sénart coproduction Théâtre de la Bastille, Théâtre 95 de Cergy- Pontoise, La Scène Watteau
Marc Sussi
Après avoir terminé une licence de philosophie et une licence de droit, Marc Sussi met en place, en 1979, un atelier sur l'écriture policière avec Louis-Charles Sirjacq et Bruno Bayen à l'École du T.N.S. La même année, il réalise deux courts métrages : « Jo », diffusé sur FR3 et « La nuit transfigurée » d'après Rezvani.
De 1980 à 1990, il est Conseiller artistique à la mise en scène pour le spectacle « Un chapeau de paille d'Italie » de Labiche, mis en scène par Bruno Bayen et présenté à la Comédie Française ainsi que pour la pièce « Sit Venia Verbo » de Michel Deutsch, présentée au Théâtre National de la Colline. Durant la même période, il est administrateur de l'Association Pénélope dirigée par Bruno Bayen. Leurs principaux spectacles sont : « Elle » de Genet, « Torquato Tasso » de Goethe, « Œdipe à Colone » de Sophocle (présenté au Festival d'Avignon) et « Schliemann, épisodes ignorés » de Bayen.
De 1991 à 2000, Marc Sussi est directeur adjoint du Théâtre de la Bastille et directeur artistique du Répertoire Saint-Jérôme qui se consacre à l'édition de pièces européennes contemporaines.
Depuis septembre 2000, il est directeur du Jeune Théâtre National.
Sussi a fait le pari de la jeunesse : Dom Juan n’est pas cet homme mûr revenu de tout, qui s’offre à la mort, mais un jeune métis charmant, Joris Avodo, dont le cynisme a un doux parfum d’insouciance et de bravade. Le spectacle, formellement dépouillé et élégant, repose sur le singulier duo formé par Joris Avodo – fragile Dom Juan et Philippe Bérodot – robuste Sganarelle. Les Échos
Sussi imagine un Dom Juan qui aurait l’âge du rôle, un tout jeune homme donc, aux antipodes du jouisseur blasé sur le retour auquel on l’identifie souvent. Il va à l’essentiel, en faisant interpréter les rôles féminins (Elvire, Charlotte, Mathurine) par une seule comédienne (Lyn Thibault) et en confiant à un seul acteur (Jonathan Manzambi) les figures de Pierrot, du Pauvre et de M. Dimanche. Libération
Lyn Thibault joue quant à elle tous les rôles féminins de la pièce : cocasse et touchante dans les rôles de Charlotte et Mathurine, deux paysannes abusées, elle fait une proposition très moderne en Doña Elvire, femme bafouée aux accents très Nouvelle Vague […] Pour notre plus grand plaisir, Simon Eine campe un superbe Dom Louis. […] De grandes barres mobiles et tubulaires cloisonnent l’espace et dessinent à l’envi les contours du mausolée du Commandeur ou les troncs gigantesques d’une forêt noire et hostile. On est sensible à la beauté de certaines trouvailles comme le moment où les trappes volantes deviennent alternativement la table du Festin de pierre ou le couvercle de la tombe de Dom Juan. Exécutées par un comédien-machiniste ganté et guindé, les élégantes manipulations à vue du décor constituent de subtils instants suspendus. Les Trois Coups
Dom Juan est-il une figure de la modernité ? La mise en scène de Marc Sussi pose la question avec pertinence. Son Dom Juan (le jeune, beau et musclé Joris Avodo), fidèle à son créateur, interprète de manière convaincante l’éternel grand menteur, le manipulateur acharné, l’imposteur viscéral. […] Côté dramaturgie, Marc Sussi s’est montré astucieux dans une pièce où la mystification et le travestissement sont le thème sinon le propos, en attribuant à quelques comédiens plusieurs rôles. Mention spéciale pour Philippe Bérodot (Sganarelle) qui incarne avec brio le valet superstitieux, simple et franc. Le bon sens populaire, en somme, qui vante les mérites du tabac dans un discours inaugural, au jour où cette pratique n’est plus du tout politiquement correcte ! La mise en scène contemporaine de Marc Sussi est l’occasion de mesurer la pérennité de nos classiques, et Dom Juan résiste bien à l’épreuve. Barbara Petit, Théâtre du Blog La scénographie de Damien Schahmaneche s’impose comme une ingénieuse machinerie accueillant le propos et le réactualisant. Des chaises en fer tronquées, des arbres métalliques déracinés et suspendus aux cintres (au ciel !) et une table (vin, victuailles : la chair) qui se transforme en tombeau pour Dom Juan. Un peu de théâtre.com
 | | Philippe Delacroix |
 | | Philippe Delacroix |
| spectacle | Dom Juan | | représentations | mardi 14 décembre à 20h30 mercredi 15 décembre à 20h30
| | durée estimée | 2h15 | | âge conseillé | tout public | | prix des places | tarif abonné adulte : 13 euros tarif abonné jeune public : 7 euros tarif normal : 20 euros tarif moins de 26 ans : 9 euros tarif plus de 60 ans : 17 euros tarif demandeurs d’emploi : 15 euros tarif groupe : 15 euros | | réservations | au 01 48 72 94 94, du mardi au samedi de 14h à 19h à l’accueil du théâtre, du mardi au samedi de 14h à 19h par correspondance |
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